Printemps 2003, est sortie chez les disquaires espagnols une vraie perle salsa, à mi-chemin entre tradition cubaine et electro urbain : Enchilao, quatrième album d’Amparanoïa.
A la croisée des chemins entre le blues, le rock et les rythmes latins, Amparanoia rayonne autour de la chanteuse Amparo Sanchez. Originaire de Grenade, la belle s’est établi à Madrid, où elle a composé ses premiers titres tout en rencontrant les groupes du coin, les musiciens de Radio Bemba par exemple. On a d’ailleurs pu l’entendre en duo avec Manu Chao, Macaco, Fermin Muguruza... tout ce joli monde apparaissant en 1998 sur Feria-furiosa : deuxième album d’Amparanoia, à l’énergie ska-punk très communicative. Depuis, l’Amérique latine, surtout le Mexique, avait appelé Amparo en 2001. Témoin de ce voyage, un album lumineux, souriant et apaisé : Somos Vientos, croisement de vents du monde entier, d’influences latines, reggae et tziganes.
D’une poésie plus sensible encore, Enchilao a tout d’un classique éternel de la musique latino-américaine. S’y exprime une certaine mélancolie cubaine, sa tristesse infinie, comme un boléro de Maria Teresa Vera. Le répertoire se fait plus ostensiblement cubain, offrant même une reprise de " Dos gardenias " (chanson de Isola Carrillo, immortalisée notamment par Ibrahim Ferrer) sur un tempo de carnaval descarga irrésistible. Les titres s’enchaînent en autant de boucles de guitare-très, de nappes de voix émanant de la santeria cubaine, revenant inlassablement, et de basse résonnant de Jamaïque, magnifiant les plus beaux titres de l’album d’une ambiance reggae-dub éthérée et clandestine. Des chansons d’amour lointain, nostalgique, au delà des mers (" Don’t leave me know "...). Des chants résistants, utopistes, chants d’espérance en un monde nouveau (" Pueblo Joven ", " Camaleon ").