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Mercredi 7 février 2007

Printemps 2003, est sortie chez les disquaires espagnols une vraie perle salsa, à mi-chemin entre tradition cubaine et electro urbain : Enchilao, quatrième album d’Amparanoïa.

A la croisée des chemins entre le blues, le rock et les rythmes latins, Amparanoia rayonne autour de la chanteuse Amparo Sanchez. Originaire de Grenade, la belle s’est établi à Madrid, où elle a composé ses premiers titres tout en rencontrant les groupes du coin, les musiciens de Radio Bemba par exemple. On a d’ailleurs pu l’entendre en duo avec Manu Chao, Macaco, Fermin Muguruza... tout ce joli monde apparaissant en 1998 sur Feria-furiosa : deuxième album d’Amparanoia, à l’énergie ska-punk très communicative. Depuis, l’Amérique latine, surtout le Mexique, avait appelé Amparo en 2001. Témoin de ce voyage, un album lumineux, souriant et apaisé : Somos Vientos, croisement de vents du monde entier, d’influences latines, reggae et tziganes.

D’une poésie plus sensible encore, Enchilao a tout d’un classique éternel de la musique latino-américaine. S’y exprime une certaine mélancolie cubaine, sa tristesse infinie, comme un boléro de Maria Teresa Vera. Le répertoire se fait plus ostensiblement cubain, offrant même une reprise de " Dos gardenias " (chanson de Isola Carrillo, immortalisée notamment par Ibrahim Ferrer) sur un tempo de carnaval descarga irrésistible. Les titres s’enchaînent en autant de boucles de guitare-très, de nappes de voix émanant de la santeria cubaine, revenant inlassablement, et de basse résonnant de Jamaïque, magnifiant les plus beaux titres de l’album d’une ambiance reggae-dub éthérée et clandestine. Des chansons d’amour lointain, nostalgique, au delà des mers (" Don’t leave me know "...). Des chants résistants, utopistes, chants d’espérance en un monde nouveau (" Pueblo Joven ", " Camaleon ").

Par La sonora nueva
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Samedi 10 février 2007

Enregistré en avril 2002, l’album Tribalistas est le fruit d’une longue collaboration entre Marisa Monte, Carlinhos Brown et Arnaldo Antunes.

Cela faisait près de dix ans que les trois musiciens travaillaient ensemble sur leurs disques respectifs : "Omelete Man de Carlinhos Brown" (1998), "Memorias, cronicas e declaraçoes de amor" de Marisa Monte (2000), "Paradeiro" d’Arnaldo Antunes (2001). Concrétisant l’ensemble de ces productions, "Tribalistas" est le premier album qu’ils réalisent entièrement en commun. Une fusion saisissante de trois univers sonores bien distincts, mais complémentaires : les mélodies pop de Marisa Monte, le rock poétique un brin déjanté d’Arnaldo Antunes, les expérimentations de Carlinhos Brown, à quoi s’ajoute une créativité sans limites. La rencontre de trois villes aussi : Rio de Janeiro, Sao Paulo et Salvador de Bahia. Lors d’un séjour d’une dizaine de jours à Bahia, environ vingt-cinq thèmes ont été composés, à l’improviste ; un an plus tard, l’album a été enregistré au studio de Marisa Monte à Rio de Janeiro, en à peine deux semaines, au rythme d’une chanson par jour !

Le projet revêt une dimension éminemment collective, à l’image des poèmes surréalistes du début du siècle s’inspirant de Lautréamont : La poésie doit être faite par tous, non par un. Etre tribaliste, c’est saisir la sensibilité de chaque membre du groupe. D’autres tribalistes ont ainsi rejoint tout naturellement le trio : le guitariste Cézar Mendes, le bassiste Dadi Carvalho (que l’on retrouve aussi à la guitare et au piano), le producteur Alê Siqueira, la songwriter Margareth Menezes.

Chaque composition repose sur les chants et les guitares acoustiques, qui ont guidé ensuite les arrangements. Dans cette ambiance électro bossa-nova très détendue, intimiste, où les basses et les percussions sont épurées à l’extrême, la voix de Marisa Monte transcende les chansons avec douceur. Une pluie d’images poétiques exprimant une certaine mélancolie (Velha infancia, Passe em casa), mais témoignant toujours de la volonté d’écouter l’autre, de l’accueillir, d’aller à sa rencontre, ne serait-ce que le temps du carnaval. Et pour peu que celui-ci soit éternel...

Par La sonora nueva
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Dimanche 11 février 2007

Depuis sa collaboration avec le guitariste Arto Lindsay, dans les années 1980, on savait Caetano Veloso féru de rock avant-gardiste new-yorkais. Cependant, ses dernières productions, plus feutrées, se tournaient davantage vers les rythmes brésiliens, la bossa et le jazz. "Cê" est donc une petite surprise.
 
Ethéré dans ses compositions, délicat dans ses mélodies, sobre dans ses arrangements, sombre dans ses interstices, "Cê" propose un rock minimaliste comme on en entend rarement au Brésil à l’heure actuelle. Plus intime, l’album l’est jusque dans sa production, due à Moreno Veloso (le fils) et à Pedro Sà (que Caetano Veloso considère comme son fils).
 
Le contexte est tout autre, mais on pense aussi à l’album éponyme que Caetano Veloso avait enregistré lors de son exil à Londres, au début des années 1970. Il y chantait London London, un hymne étrange empreint de désespoir. Ce qui rapproche ces deux albums, c’est non seulement le rock, la sobriété, mais aussi la noirceur qui ressort par moments. Ainsi, Waly Salomão oscille entre torpeur et inquiétude. Se prenant pour un serpent, Caetano Veloso étire son chant en suivant un hypnotique battement de batterie. On retrouve la même langueur à fleur de peau sur Minhas Lagrimas, évocation de Los Angeles, pleine de désolation.
 
Pour autant, l’exaltation n’est pas absente de "Cê". Les rythmes entraînants de Homen, représentation ironique de la masculinité, convoquent l’allégresse du Sergent Pepper de Beatles. Il y a aussi du David Bowie dans le refrain de Não Me Arrependo, et dans cette manie de chanter inlassablement des petites phrases sans queue ni tête, à l’exemple de Porque ?, défiant toute syntaxe ou grammaire portugaise.
 
En jouant sur les répétitions de mots et les boucles rythmiques, l’album donne par moment une impression de redite. Sans être le chef d’œuvre absolu de Caetano Veloso, "Cê" séduit en tout cas par sa fraîcheur, sa jeunesse d’esprit. Preuve, s’il en était encore besoin, que le chanteur anthropophage se joue des modes comme des facilités, allant où bon lui semble au gré de ses envies. A 60 ans passés, Caetano Veloso n’a pas fini de nous étonner…

(article écrit pour le webzine www.indiepoprock.net)

Par La sonora nueva
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Samedi 17 février 2007

Avec sa voix de berceuse ensoleillée, Wagner Pa chante le Brésil d’aujourd’hui. Son soleil, ses rues, ses passants. Son économie à deux vitesses. Ses pulsations retentissant au rythme des tambours du candomblé et de la samba.

Troubadour des temps modernes, compositeur populaire, voilà l’attitude que revendique Wagner Pa. Wagner parce que le W était à la mode. Et Pa comme le dieu Pan, dieu de la flûte, nom duquel il signait ses premiers poèmes. Originaire du Brésil, il débute pourtant sa carrière musicale à Barcelone, en Espagne : à 20 ans, il y rejoint sa mère, qui travaille au consulat du Brésil. De là son phrasé limpide mêlant allègrement portugais et espagnol.

Après avoir joué dans différents groupes de la scène underground barcelonaise, il se tourne vers la production. Il manage des groupes comme Mestizo, Macaco, Dusminguet. Il est aussi djay au Jamboree, l’un des clubs les plus en vus de la Plaza Real. Ce qui l’amène à participer aux sound-system de Manu Chao et Fermin Muguruza.

Son premier album solo, Brazuca Matraca, témoigne de cette expérience des sound system. Petit clin d’œil, par exemple, le sample des cuivres de la Murga de Willie Collon et Hector Lavoe… Pas de flow ragga ici. Mais des riddims latino donnant à chaque chanson son propre univers sonore, entre bossa nova et electro. De la douce aphasie de Cold, où quelques notes de guitare répondent par vagues au refrain de Manu Chao (" Me hielo en la habitaciòn… "), à la folie punk du Circo Mistico, Wagner Pa bouscule la saudade brésilienne.

Par La sonora nueva
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Dimanche 25 février 2007

 

 

Collectif réuni autour de l'ex-clavier de la Mano Negra, Tom Darnal, P18 a réussi un mix novateur et addictif entre salsa classica et funk électrisant : un retour aux sources et aux traditions vocales afro-cubaines, transcendées par de nouvelles sonorités électroniques.

 

Le projet a commencé a germé lors de la tournée Cargo de la Mano Negra, en 1992, le temps d'une escale à Cuba. A la Havane, Tom Darnal rencontre Barbaro Teuntor, trompettiste de la Sierra Maestra, célèbre groupe de soneros cubains. Très vite, les deux musiciens décident de travailler ensemble. Il faudra tout de même attendre trois années (marquées par la sortie de Casa Babylon et par la dissolution de la Mano Negra) pour que cette collaboration se concrétise : d'abord sur deux maxis, puis sur un premier album, Rumous of Wars (sorti en août 1998 sur le label basque Esan Ozenki), une compilation de d'n'b aux vibrations zapatistes, inspirée par le séjour de Tom Darnal au Chiapas.

P18, c'est aussi un clin d'oeil à Paris 18e et au studio Pachanka. L'inspiration urbaine est omniprésente dans la musique de Tom Darnal, que ce soit la modernité de Paris ou bien celle des projets architecturaux des années 1960 à Cuba, nettement marqués par l'utopie socialiste, et restés inachevés.

Urban Cuban concrétise la rencontre musicale et urbaine entre Paris et Cuba. On y trouve des titres manifestes, sublimés par l'appel révolutionnaire d'Ernesto Che Guevara, repris en choeur par des voix d"enfants (Somos el futuro). La rumba hypnotique de Yemaya, hommage à la déesse des eaux de la santeria cubaine. Et des singles efficaces, du reggae de La Verdolaga, au très latin-funk Escuchan mi conga.

 

Des extraits sur le site de P18

Par La sonora nueva
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