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musica en vivo

Mercredi 7 février 2007
 

Nomade ouverte sur le monde, et néanmoins sicilienne attachée à la mémoire de son île, Carmen Consoli a choisi de partir en tournée européenne en suivant le cours des fleuves, prolongement de la mer qui a bercé son enfance. Ce mardi soir, la plus charismatique des chanteuses italiennes a fait escale le long de la Seine, à la Cigale, à Paris.

Cheveux longs et ondulés, jeans court et tee-shirt vaporeux, longs colliers perlés et sourire aux lèvres, Carmen arrive seule sur scène, un tambourin dans les mains telle une gitane, pour interpréter une chanson a capella. Les musiciens s’installent ensuite, guitare, contrebasse et batterie, mais aussi violons et mandolines. Fidèle à l’esprit de son dernier album, "Eva contro Eva", Carmen a choisi une orchestration plus feutrée, un peu jazz, rappelant par moment les prestations de Gianmaria Testa. Adaptant les rythmes traditionnels siciliens, Carmen peint des scènes de vie. Notamment celle d’une jeune femme, Maria catena (Marie enchaînée), digne héroïne d’un film comme Respiro, victime malgré elle de la rumeur : "Selon un proverbe sicilien, les mensonges, à force d’être répétés, deviennent réalité", regrette la chanteuse.

La "gamine impertinente" n’en oublie pas le rock pour autant, ni ses anciens morceaux, pour le plus grand bonheur de ses fans majoritairement italiens, bien que l’on soit à Paris. Sur Matilde odiava i gatti, les guitares s’électrisent, le violon lui-même devient complètement psychédélique. Dans un style très Gainsbourg, en italien et en français, Carmen déclame l’histoire de cette fille qui n’aimait pas les chats. Les riffs restent tranchants sur Fiori d’arancio, qui raconte avec ironie l’histoire d’un mariage avorté "car le marié n’est jamais venu à l’église… ceci n’est pas une histoire autobiographique !", précise Carmen en riant.

Le tempo se ralentit de nouveau lorsqu’il s’agit d’interpréter Parole di Burro et Pioggia d’Aprile, reprit en chœur par le public. Sur les bas-côté, quelques ragazzi s’essayent au rock’n’roll, alors que d’autres tentent, avec une insistance qui laisse place tantôt à la ruse, tantôt au désespoir, de soudoyer les vigiles pour entrer dans les loges…

Carmen nous quitte sur quelques mesures de Je suis venu te dire que je m’en vais et de Bessa me mucho. Et c’est avec regret que le public se dirige vers la sortie. Dehors, il n’y a pas la fontaine de Trevi, ni même la rumeur des vespas. La dolce vita n’était qu’une illusion dissipée trop vite…

(article écrit pour le webzine www.indiepoprock.net)

Par La sonora nueva
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Jeudi 15 février 2007

Bercées par la musique de Mayra Andrade, les ombres dansent sur les murs du théâtre Victor Hugo de Bagneux, métamorphosé une fois les projecteurs allumés.

"On parle de Navega comme étant mon dernier album. Mais c'est tout simplement le premier… Il faut bien commencer un jour", confie Mayra Andrade au public du théâtre. Elégante dans sa longue robe blanche, Mayra Andrade a déjà la grâce et la présence des plus grandes. Sure d'elle, sans se prendre au sérieux pour autant. Dès ses débuts, la chanteuse a toujours abordé la scène avec la plus grande décontraction et une étonnante simplicité. Sa mère elle-même était étonnée par l'aisance scénique de sa fille. Car la jeune femme a le sens de la répartie. En tout début de concert, elle n'hésite pas à interpeller le public pour l'inciter à répondre à son "bonsoir". Elle prévient : "Si je suis en forme, ça risque de tourner au one-woman show." Le ton est donné.

Volubile, Mayra raconte son Cap-Vert, avec sérieux cette fois. L'immigration des aînés, à la recherche d'une vie meilleure (Poc li dente é tcheu). L'épouse du pêcheur, priant l'océan de calmer sa fureur et de laisser revenir son mari (Navega). Les vieilles femmes de Praia, rappelant leur splendeur passée (Comme s'il en pleuvait, écrite par Tété). Bien que profondément influencée par les mornas de Cesaria Evora, Mayra Andrade a préféré tracer son propre chemin dans le paysage de la chanson cap-verdienne, en évitant le répertoire de la diva aux pieds nus. Et c'est Regasu, une chanson d'Orlando Pantera, chanteur et poète maudit de la nouvelle scène du Cap-Vert, qu'elle a choisi pour célébrer la morna et son tempo langoureux.

Amoureuse de percussions, jouant des palmas comme de la guitare classique, Mayra se tourne aussi vers les rythmes frénétiques de Santiago, l'île des anciens esclaves, où règnent le batuque et le funana. Sa chanson à la lune (Lua) devient une irrésistible invitation à la danse. Le public tape dans ses mains en battant la mesure. Après celle de Cesaria, c'est l'ombre d'Ella Fitzgerald qui plane sur la chanteuse. Entre scat et vocalises, le chant de Mayra donne le frisson. Teintée de jazz, la musique compte aussi des accents arabo-andaloux et quelques notes de fado. Les musiciens s'épanouissent en solo de percussions, de basse (tiens, du Jaco Pastorius !) et de guitares : du cavaquinho à la Gibson dernier cri, le passage de témoin, d'hier à aujourd'hui, est assuré…

Mayra termine son tour de chant non sans demander, en riant, une ultime faveur : "si chacun d'entre vous parle de ce concert à au moins trois personnes de son entourage, cela permettra de remplir la salle de La Cigale pour le prochain concert… qui est déjà complet !" La belle revient seule sur scène pour un ultime rappel, une prière à Marie qu'elle interprète a capella, avec mélancolie.

Grande, déjà très grande, dira-t-on simplement, pour reprendre les mots du conneXionneur Rémi Kolpa Kopoul…

Par La sonora nueva
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Lundi 5 mars 2007

 

Samedi soir, les Rita Mitsouko dévoilaient en live à la Boule Noire les titres de leur prochain album, " Variety " (à paraître le 16 avril).

 

On ne sait jamais à quoi s’attendre en allant à un concert des Rita Mitsouko. Après plus de vingt ans de carrière, le duo reste toujours aussi imprévisible. Passés les détours electro-world des précédents albums, voilà que les Rita Mitsouko reviennent au rock pur et dur, celui du tournant des années 60-70’s, pour ce concert rythmé en deux parties. La première pour les nouveaux morceaux, la seconde pour les oldies.

Toute vêtue de noire, Catherine Ringer a une présence magnétique. Un regard qui scrute le public, communiquant bien plus que de longs discours. Il lui suffit de quelques mots seulement pour délivrer toute l’atmosphère de ces nouvelles chansons. Une Berceuse d’abord, puis une Rêverie, deux titres aux faux airs de folk-song, histoire de charmer le public. Une option rythme’n’blues qui se marie bien avec la Gibson et la chemise western de Fred Chichin. La musique va en s’amplifiant au fil du concert. On décèle du Gainsbourg dans les paroles, du Velvet Underground dans les compositions, du métal façon Deep Purple et Led Zep dans les solos de guitares électriques.

Après avoir chanté les tracas de l’amour (Communiqueur d’amour, Rendez-vous avec moi-même) et fustigé la maigreur des mannequins sur l’apocalyptique Terminal Beauty (titre chanté en duo avec Serj Tankian sur l’album), les Rita clôturent cette première partie sur un rythme disco (Ding Ding Dong). On en sort le souffle coupé et déjà impatient de la suite.

Même énergie communicative pour la seconde session, dédiée aux oldies. Les Rita Mitsouko ont pioché dans leur répertoire des titres oubliés ou méconnus, comme ce tonitruant Live in Las Vegas, très glam-rock. Avec le nouveau son du groupe, les chansons sont comme métamorphosées. Perfect eyes devient psychédélique. Stupid anyway, sublime ballade rock, rappelle David Bowie période " Ziggy Stardust ".

Côté reprise, Catherine Ringer livre une magnifique version de Under my Thumb des Rolling Stones (renversé avec un point de vue féminin), portée par un orgue électrique très sixties. Avec humilité, Fred Chichin met en avant les autres musiciens, bassistes, guitariste solo, claviériste et batteur. En ultime rappel, le groupe concède un mégatube au public, C’est comme ça, avant de quitter la scène. " Dans la vie, tout a une fin, c’est comme ça ! ", rétorque Catherine Ringer à ceux qui en redemandent.

 

 

Par La sonora nueva
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Vendredi 16 mars 2007

Février 2003, le Radio Bemba sound system était reparti sur la route au rythme de la tournée Jai Alai Katumbi express.

A son bord, Manu Chao et Fermin Muguruza, Gambit (basse), David (batterie), Madjid (guitare), Julio (clavier), Gerard (percu) et Chuco (sonorisation). La tournée a été organisée exclusivement autour de petites salles de concert : des salles à taille humaine, offrant un contact direct entre le groupe et le public, une véritable réciprocité, ce dont Radio Bemba avait besoin pour expérimenter de nouvelles formules, de nouvelles chansons.

Une façon de montrer que le bouche-à-oreille suffit, Radio Bemba n’ayant jamais mieux porté son nom... (radio bemba veut dire rumeur, bouche-à-oreille). Aucune publicité, peu de médiatisation. Des concerts annoncés très peu de temps à l’avance, organisés presque à l’improviste. Le bruit se propage à peine que les centaine de places mises en vente pour chaque soir sont déjà parties. Et surtout, c’est une façon de promouvoir un circuit alternatif qui permet de faire vivre encore aujourd’hui toute une scène musicale.

A l’heure où l’existence de nombreuses salles de concert et lieux de culture est menacée (législations plus restrictives et contraintes budgétaires de plus en plus fortes...), il est plus que jamais important de rappeler que ces lieux sont un soutien pour beaucoup de groupes de musique, que ce sont ces mêmes salles qui ont vu les débuts de musiciens comme Manu Chao, Fermin Muguruza... et que sans elles, rien n’aurait été possible.

 

Par La sonora nueva
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Samedi 17 mars 2007

 

Un concert inoubliable, gratuit et en plein air, devant cinq mille personnes. En 2003, Manu Chao et Fermin Muguruza passaient à Saint-Denis, le long du canal et de son écluse, derrière le Stade de France.

Première mi-temps ska-punk. Puis une petite session acoustique. Et un quart d’heure Mano pour finir. Bref, le Jai alai katumbi express tel qu’à Barcelone où la tournée à démarrer quelques mois plus tôt. Première partie occitane avec Dupain. Et puis la scène s’est égaillée aux couleurs de Radio Bemba, avec les éternels visages animistes latino-américains en arrière-plan. La sono a lancé les battements des horloges du monde entier et l’habituel message de bienvenue, avant que les musiciens n’apparaissent sur scène.

Bobby Marley

 Mister Bobby démarre le show, en version urbaine, ponctuée de skank jamaïcains et de sirènes de police. Radio Bemba réussit toujours autant son brassage d’influences musicales. Reggae d’abord, avec War de Bob Marley. Puis latines, avec les cuivres et les violons mélancoliques de Periodico di ayer d’Hector Lavoe. En écho, résonnent les vibes dub d’un Justice tonight clashien sur le dernier couplet de La despedida, avec quelques effets de melodica. Por el suelo, dont le texte d’une infinie tristesse tranche avec la douceur de la musique, teintée de nappes synthétiques éthérées, en apesanteur. La session acoustique a redonné une tournure latine et flamenca à la soirée, avec Rumba de Barcelona, Clandestino et surtout une version inédite d’el desaparecido portée par les cuivres et la guitare graffitée sans âge de Magid.

Troisième mi-temps, le show se fait beaucoup plus speed. Fermin Muguruza monte sur scène, comme à l’époque mythique où Negu Gorriak et la Mano Negra faisant affiche commune. Fermin est une vraie pile électrique, donnant tout à chaque instant, et faisant le show. Il a ainsi repris pas mal de titre de ses albums "Brigadistak" et "Dub Manifest". A un moment, Radio Bemba s’est payé un trip hardcore, Fermin a joué les teufeurs free-party en capuche et lunettes de soleil : illusion parfaite… 

 

Mano Negra forever

Manu a alors enchaîné avec un paquet de titres de la Mano Negra. Des vieux de la vieille, comme It’s my life, Blood and fire. Beaucoup de titres de "Casa Babylon", Hamburger fields, El monkey. Et puis les classiques : Mala Vida et son urgence punk, King Kong Five et son délire fiesta hallucinante dans le décompte du refrain. Une autre surprise aussi, l’invitation des deux frères Amokrane de Zebda, venus chanter une chanson kabyle pour le plus grand bonheur de Magid.

Manu n’a pas oublié non plus le discours éternel d’el Sub commandante Marcos, para todos todo, retentissant sur une scène mystérieusement non éclairée, où l’on devinait juste l’ombre clandestine des musiciens. Manu Chao et son sound system reste magique, débordant de joie communicative à défaut de réel message politique. C’est l’artisan musical qui reste bluffant, récupérant, recomposant chaque couplet, chaque sample, et mixant naturellement toutes les vibrations citadines mondiales et contemporaines. En attendant les futures compositions d’el segnor Manu. Dernier morceau, Se me da saleri, sublime…

 

Par La sonora nueva
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