Sonnuevo est un blog dédié aux musiques rock, électriques et métisses.
25 Avril 2007

Musique traditionnelle des campagnes jamaïcaines, ancêtre rural du ska et du reggae, le mento se caractérise par sa douceur nonchalente, son balancement syncopé à quatre temps et ses textes impertinents. Maniant l'art du sous-entendu (à l'image du son cubain), le mento est une chronique pleine d'humour, d'impertinence et de poésie, relatant la vie quotidienne des gens de la campagne. La saveur désuète du mento repose sur ses instruments : guitare acoustique, banjo, percussions, rumba box (piano à pouces aux notes graves, ancêtre de la basse dans le reggae) et petites flûtes en bambou. Les vocaux sont nasillards et moqueurs.
Le mento gagne peu à peu les villes, dans les années 1940, et se professionnalise. Des groupes naissent et commencent à animer des soirées dansantes, souvent dans les hôtels à touristes. Dans les années 1950, le new-yorkais Harry Bellafonte (dont la mère est jamaïcaine) popularise plusieurs classiques du mento en Europe et aux Etats-Unis. Mais ironie de l'histoire, c'est sous l'appellation plus vendeuse de calypso (la musique des carnavals de Trinidad), que le mento sera commercialisé. Pourtant, si le mento est bien un dérivé du calypso, il s'en distingue par sa mesure ( quatre temps pour le mento ; deux temps pour le calypso) et son côté plus chaloupé.