Sonnuevo est un blog dédié aux musiques rock, électriques et métisses.
20 Août 2007
Tenera è la notte
C’est du haut des Giardini del Frontone que Pérouse se laisse contempler. Au soleil couchant, l’imagination se perd au gré des lumières qui s’illuminent.
Les jardins du fronton sont aussi le lieu idéal pour observer les figures pérugines. Les adolescents sapeurs punks ou rappeurs du samedi soir. Les mamies esseulées donnant à manger aux pigeons. Les enfants tout sourire éclaboussant les passants avec l’eau de la fontaine. Les gigantesques chiens de bergers passant par là d’un air nonchalant. Les sans-domiciles venant gagner un peu de fraîcheur à l’ombre des pins. Le dernier week-end du mois, c’est aussi la brocante qui gagne sur le parc et sur la piazza d’Italia. Les touristes et les badauds se mêlent aux brocanteurs du dimanche à la recherche d’un bibelot : on se croirait un instant aux puces de Clignancourt.
Sous ses faux airs de petite ville de province, Pérouse n’en accueille pas moins une importante population étudiante, et beaucoup d’étudiants étrangers. L’université est omniprésente dans la ville. Outre le site universitaire principal (aussi imposant que celui de Jussieu), la fac se disperse entre les différents monuments de la ville : les beaux-arts à l’église San Francesco, les sciences agraires à l’église San Pietro… La Rocca Paolina n’est pas en reste : tous les UFR y sont présentés, ainsi que les modalités d’inscription.
Le soir, la vie estudiantine s’exprime dans les pubs, mais aussi dans les nombreux festivals qui animent la ville : Umbria Jazz la deuxième quinzaine d’août, Perugia Saudade ensuite, mais aussi art contemporain et concert-performance au Palazzo della Penna, ou encore cinéma en plein air aux Giardini del Frontone. Toutes les animations de l’été sont fédérées sous l’égide du Tenera è la notte.
Mais s’il est un art dont Pérouse peut s’enorgueillir au point de faire pâlir d’envie ses voisines toscanes, c’est bien celui de la cuisine. La campagne environnante fait que les plats de gibiers sont abondants. Cerfs, sangliers, chevreuils… braisés et cuisinés tantôt au miel, tantôt au vinaigre balsamique, quand ce n’est pas aux fruits des bois ou aux truffes. Le restaurant où passer absolument pour ripailler sans trop se ruiner, c’est la Lanterna (6, via U. Rocchi). L’arrière-cour est aménagée en jardin sous les tonnelles : un cadre magnifique, à l’écart de l’agitation des rues environnantes, avec une déco de bric et de broc un brin surréaliste. Le service est nickel, les plats sont à tomber. Bref, ce que l’on appelle une bonne adresse !