Sonnuevo est un blog dédié aux musiques rock, électriques et métisses.
29 Avril 2007

Dans les années 1950, le jazz et le rythm'n'blues gagnent la Jamaïque, par l'intermédiaire des radios de Memphis, de New Orleans et de Miami. Le succès de ces nouvelles musiques est immédiat du côté du public jamaïcain. A Kingston, les danseurs sont avides de nouveaux sons et les imports de disques de R&B se multiplient. C'est le début des sound systems, ces discothèques mobiles qui animent désormais les soirées dansantes dans les rues de Kingston.
La concurrence est rude entre les djays : c'est à celui qui dénichera le disque rare, celui qui fera venir le plus de public, quitte à aller jusqu'à New York pour arpenter les bacs des disquaires. Le manque de production se fait sentir à partir de 1955. Le R&B est en perte de vitesse au près du public américain, avide de son plus doux, moins dansant.
Le public jamaïcain, quant à lui, est toujours demandeur de rythmes enlevés. Les principaux animateurs de sound system, Coxsone, Duke Reid et Prince Buster, décident alors de devenir producteurs et créent leurs propres disques. Les musiciens jamaïcains se mettent à reprendre les standards du R&B, puis composent leurs propres morceaux. Ils le font à leur sauce, en y ajoutant l'influence du mento et des tambours burru. Guitare, piano et trompette marquent chaque contre-temps d'une pompe : le ska est né. Cet accent mis sur le contre-temps va devenir la marque essentielle de toute la musique jamaïcaine.