Sonnuevo est un blog dédié aux musiques rock, électriques et métisses.
10 Février 2007

Enregistré en avril 2002, l’album Tribalistas est le fruit d’une longue collaboration entre Marisa Monte, Carlinhos Brown et Arnaldo Antunes.
Cela faisait près de dix ans que les trois musiciens travaillaient ensemble sur leurs disques respectifs : "Omelete Man de Carlinhos Brown" (1998), "Memorias, cronicas e declaraçoes de amor" de Marisa Monte (2000), "Paradeiro" d’Arnaldo Antunes (2001). Concrétisant l’ensemble de ces productions, "Tribalistas" est le premier album qu’ils réalisent entièrement en commun. Une fusion saisissante de trois univers sonores bien distincts, mais complémentaires : les mélodies pop de Marisa Monte, le rock poétique un brin déjanté d’Arnaldo Antunes, les expérimentations de Carlinhos Brown, à quoi s’ajoute une créativité sans limites. La rencontre de trois villes aussi : Rio de Janeiro, Sao Paulo et Salvador de Bahia. Lors d’un séjour d’une dizaine de jours à Bahia, environ vingt-cinq thèmes ont été composés, à l’improviste ; un an plus tard, l’album a été enregistré au studio de Marisa Monte à Rio de Janeiro, en à peine deux semaines, au rythme d’une chanson par jour !
Le projet revêt une dimension éminemment collective, à l’image des poèmes surréalistes du début du siècle s’inspirant de Lautréamont : La poésie doit être faite par tous, non par un. Etre tribaliste, c’est saisir la sensibilité de chaque membre du groupe. D’autres tribalistes ont ainsi rejoint tout naturellement le trio : le guitariste Cézar Mendes, le bassiste Dadi Carvalho (que l’on retrouve aussi à la guitare et au piano), le producteur Alê Siqueira, la songwriter Margareth Menezes.
Chaque composition repose sur les chants et les guitares acoustiques, qui ont guidé ensuite les arrangements. Dans cette ambiance électro bossa-nova très détendue, intimiste, où les basses et les percussions sont épurées à l’extrême, la voix de Marisa Monte transcende les chansons avec douceur. Une pluie d’images poétiques exprimant une certaine mélancolie (Velha infancia, Passe em casa), mais témoignant toujours de la volonté d’écouter l’autre, de l’accueillir, d’aller à sa rencontre, ne serait-ce que le temps du carnaval. Et pour peu que celui-ci soit éternel...