Sonnuevo est un blog dédié aux musiques rock, électriques et métisses.
3 Juillet 2007

La petite fée de Dionysos fait ses premiers pas en solo. Ce «Drôle d’oiseau» qu’elle nous propose, c’est un projet longtemps mûri et gardé secret, des chansons qu’elle réservait jusqu’ici à ses proches. Un disque de folk poétique, où elle se présente comme une âme vagabonde.
Les voyages forment la jeunesse… un dicton que Babet a fait sien, après dix ans passés sur la route avec Dionysos. Autant de moments et de rencontres que la chanteuse/violoniste a voulu raconter dans ce premier album. Le thème du voyage est omniprésent sur ce «Drôle d’oiseau» navigant au dessus des mers et des océans. Ce n’est pas un hasard si l’album s’ouvre sur la figure du Voyageur, et se clôt sur l'invitation au voyage (Je pars). Des voyages réels ou oniriques, lorsque Babet imagine sa rencontre avec un corsaire (Le marin) ou décrit ses sensations face au désert (Merzouga).
Partir pour mieux se retrouver. Bien loin de vouloir quitter Dionysos (elle rempile déjà pour l’enregistrement du prochain album du groupe, prévu pour l’année prochaine), Babet a néanmoins voulu faire le point sur ses expériences accumulées. Mettre des mots sur ses souvenirs, et mettre ses mots en musique. Elle voit ce projet solo comme une complémentarité, une facette plus intimiste de sa carrière musicale. Beaucoup de titres de l’album se déclinent d’ailleurs en guitare-chant, comme le très épuré Bel-ami, interprété dans la langue de Shakespeare.
Sur ce disque, elle écrit, compose, interprète et joue de la quasi-totalité des instruments : violon, guitare, piano, batterie… hormis trois lignes de basse et une de batterie, précise-t-elle, interprétées par Pierre Feau, backliner de Dionysos. Elle a aussi réalisé les visuels de l’album et du single. Attentive également à la production du disque, elle s’est entourée de quelques proches seulement, comme l’ingénieur du son Lionel Darenne, qu’elle a rencontré quand il était stagiaire dans les studios de Steve Albini, à Chicago. Ou encore Andy du groupe Houdini, à qui elle dédie l’un des titres de l’album, composé à l’improviste pendant la séance d’enregistrement. Elle a d’ailleurs participé au dernier album d’Houdini, «Hotel stories».
Ne souhaitant pas d’un album-fleuve, Babet n’a retenu que seize des vingt-trois chansons enregistrées au studio de la Frette sur Seine. De fait, l’album offre une belle impression de cohérence, sans redite aucune, expérimentant différentes pistes sans jamais lasser. Un « Drôle d’oiseau » qui, de sa voix aérienne et toujours souriante, annonce enfin l'été…