Sonnuevo est un blog dédié aux musiques rock, électriques et métisses.
2 Août 2007

Le temps d'un week-end, les rues médiévales de Pérouse se sont apparentées à celles de l'Alfama. Du 26 au 28 juillet 2007, la petite ville ombrienne a accueilli la première édition du Perugia Saudade.
Festival international de fado, le Perugia Saudade s'est immiscé au coeur de la culture portugaise, entre musique et apéro. Des concerts en plein air jalonnant le centre historique, le long des principaux monuments de la ville, sur le corso Vanucci (la rue principale de Pérouse), à la piazza IV Novembre (au pied de la cathédrale San Lorenzo et de la Fontana Maggiore) et à la Rocca Paolina, l'imposante forteresse attenante aux remparts.
A l'origine du festival, il y a Marco Poeta, guitariste italien émérite, premier artiste non portugais reconnu comme « fadiste », après avoir joué sur les plus prestigieuses scènes du Portugal. Un nom de famille prédestiné. Ce petit monsieur à moustache, qui ne paye pas de mine quand vous le rencontrez à la terrasse d'un café, est capable d'illuminer la scène et de vous faire venir les larmes dès qu'il se met à égrainer les notes de sa guitare portugaise - comme Georges Brassens, en son temps, avec une simple guitare classique. Originaire de Recanati (ville de la région italienne des Marches, proche de l'Ombrie), Marco Poeta y a fondé l'Academia del Fado, première école de Fado en Italie. Et ce n'est pas un hasard si la plupart des musiciens présents à ce festival sont membres de l'Academia.
La saudade de Pérouse résulte d'un croisement d'influences inédit entre le Portugal et l'Italie, réservant de bonnes surprises... et quelques coquetteries. Sur le corso Vannucci, Marco Poeta était ainsi accompagné par un quatuor de flûtes – chose inédite dans le fado – surnommé les Flûtes Joyeuses. Plus étonnant encore, Francesco di Giacomo, chanteur lyrique interprétant les classiques d'Amalia à la mode de Verdi. Un métissage réussi avec la jeune chanteuse italienne Elisa Ridolfi, mâtinant sobrement son fado de son accent et de ses paroles italiennes. La saudade à l'heure de la dolce vita.

Photos : Marco Poeta / Elisa Ridolfi
(Crédit : la sonora nueva)