Sonnuevo est un blog dédié aux musiques rock, électriques et métisses.
18 Novembre 2007

Un an après la parution de « Chansons », son premier album autoproduit, Barbara Carlotti a drapé ses chansons d’une parure nouvelle, convoquant des références anglo-saxonnes inattendues telles que Calexico ou les Bad Seeds.
Un riche travail d’orchestration rock feutrée, tout en retenue, refusant la facilité et touchant droit au cœur. Comme un écrin délicat pour accueillir le spleen émanant des paroles de Barbara. La chanteuse a écrit chaque mot de l’album, ajoutant même un couplet au Rose For Emily des Zombies (qu’elle a adapté en français), comme pour mieux se l’approprier. Portés par une voix de velours, les textes sont intimistes, chantant l’amour perdu (Tunis), la langueur d’un corps épuisé (Mon corps alangui, Trop Tard), le crépuscule où la solitude se fait prégnante (Silence).
Il y a, dans son écriture, un goût des mots précieux mêlé à une certaine désinvolture qui rappelle les compositions de Serge Gainsbourg. Et il n’est pas si anodin que l’une des quatorze chansons de ce très beau premier album s’intitule Mélodie de la dernière pluie : « je mélodise quoiqu’on en dise », dixit Barbara de sa voix de nymphe, tourbillonnant en mille boucles vocales.
Les mots et les images se répètent (les lys brisés, le silence, l’âge d’or, la langueur) tissant un fil entre les chansons comme pour mieux raconter l’histoire d’une rencontre surréaliste, suivie déjà par la séparation. A la suite des Lys Brisés et de La Nuit des amants, le court poème inscrit dans l’une des pages du livret nous invite à un voyage onirique : « Je dérivais, le sommeil m’a surpris… ». Un long rêve musical où planerait l’ombre du Beau Serge et de Melody Nelson.
article paru sur le webzine www.indiepoprock.net/