Sonnuevo est un blog dédié aux musiques rock, électriques et métisses.
25 Novembre 2008
Automne 2002. En feuilletant quelques livres sur le présentoir d’un grand libraire, je reste captivée par l’un deux, Johnny Chien Méchant. Au point de lire la moitié du livre sur place.
Congo, en ce moment même. Sous les fenêtres des ambassades, des ONG, du Haut Commissariat pour les réfugiés, et sous les yeux des télévisions occidentales, des adolescents abreuvés d'imageries hollywoodiennes et d'information travestie jouent à la guerre : les milices combattent des ennemis baptisés « Tchétchènes », les chefs de guerre, très à cheval sur leurs codes d'honneur, se font appeler « Rambo » ou « Giap » et s'entretuent pour un poste de radio, une corbeille de fruits ou une parole de travers.
Un roman bouleversant, évoquant les guerres civiles en Afrique à travers le regard de deux adolescents : Chien Méchant, milicien, et Laokolé, étudiante brillante devant prendre en charge sa famille, notamment sa mère qu’elle véhicule dans une brouette de fortune. Deux destins croisés (chaque point de vue alternant d’un chapitre à l’autre) qui se rencontrent finalement. D’un côté, la violence aveugle, le cynisme et l’absurde. De l’autre, l’entraide, la générosité, l’espoir même qui réussit à l’emporter, en dépit de tout.
L’histoire reprend l’une des grandes thématiques de la littérature africaine contemporaine : celle des enfants soldats. Mais le style de son brillant auteur, Emmanuel Dongala (dont il faut ABSOLUMENT lire le recueil de nouvelles Jazz et vin de palmes) nous rattrape au gouffre de l’apocalypse de maintenant en crayonnant une lueur d’espoir.
C’est justement ce style qui sera en question dans l’adaptation du roman au cinéma avec Johnny Mad Dog. La critique a mis l’accent sur le destin des enfants soldats, leur recrutement, leurs exactions… mais qu’en est-il du personnage de Laokolé ? Car sans ce contre-point, la lecture du conflit ne fait plus sens. A moins de vouloir souligner atrocement cette absence de sens. Mais quelle échappatoire, alors?
Mais, pourquoi un titre anglicisé ?
La guerre serait-elle plus "fashion" en anglais?