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Sonnuevo

Sonnuevo est un blog dédié aux musiques rock, électriques et métisses.

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Mayra Andrade, théâtre Victor Hugo (Bagneux), février 2007

Bercées par la musique de Mayra Andrade, les ombres dansent sur les murs du théâtre Victor Hugo de Bagneux, métamorphosé une fois les projecteurs allumés.

"On parle de Navega comme étant mon dernier album. Mais c'est tout simplement le premier… Il faut bien commencer un jour", confie Mayra Andrade au public du théâtre. Elégante dans sa longue robe blanche, Mayra Andrade a déjà la grâce et la présence des plus grandes. Sure d'elle, sans se prendre au sérieux pour autant. Dès ses débuts, la chanteuse a toujours abordé la scène avec la plus grande décontraction et une étonnante simplicité. Sa mère elle-même était étonnée par l'aisance scénique de sa fille. Car la jeune femme a le sens de la répartie. En tout début de concert, elle n'hésite pas à interpeller le public pour l'inciter à répondre à son "bonsoir". Elle prévient : "Si je suis en forme, ça risque de tourner au one-woman show." Le ton est donné.

Volubile, Mayra raconte son Cap-Vert, avec sérieux cette fois. L'immigration des aînés, à la recherche d'une vie meilleure (Poc li dente é tcheu). L'épouse du pêcheur, priant l'océan de calmer sa fureur et de laisser revenir son mari (Navega). Les vieilles femmes de Praia, rappelant leur splendeur passée (Comme s'il en pleuvait, écrite par Tété). Bien que profondément influencée par les mornas de Cesaria Evora, Mayra Andrade a préféré tracer son propre chemin dans le paysage de la chanson cap-verdienne, en évitant le répertoire de la diva aux pieds nus. Et c'est Regasu, une chanson d'Orlando Pantera, chanteur et poète maudit de la nouvelle scène du Cap-Vert, qu'elle a choisi pour célébrer la morna et son tempo langoureux.

Amoureuse de percussions, jouant des palmas comme de la guitare classique, Mayra se tourne aussi vers les rythmes frénétiques de Santiago, l'île des anciens esclaves, où règnent le batuque et le funana. Sa chanson à la lune (Lua) devient une irrésistible invitation à la danse. Le public tape dans ses mains en battant la mesure. Après celle de Cesaria, c'est l'ombre d'Ella Fitzgerald qui plane sur la chanteuse. Entre scat et vocalises, le chant de Mayra donne le frisson. Teintée de jazz, la musique compte aussi des accents arabo-andaloux et quelques notes de fado. Les musiciens s'épanouissent en solo de percussions, de basse (tiens, du Jaco Pastorius !) et de guitares : du cavaquinho à la Gibson dernier cri, le passage de témoin, d'hier à aujourd'hui, est assuré…

Mayra termine son tour de chant non sans demander, en riant, une ultime faveur : "si chacun d'entre vous parle de ce concert à au moins trois personnes de son entourage, cela permettra de remplir la salle de La Cigale pour le prochain concert… qui est déjà complet !" La belle revient seule sur scène pour un ultime rappel, une prière à Marie qu'elle interprète a capella, avec mélancolie.

Grande, déjà très grande, dira-t-on simplement, pour reprendre les mots du conneXionneur Rémi Kolpa Kopoul…

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