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28 Février 2007

Dans L'ombre d'une photographe, Gerda Taro, François Maspero rend hommage à la photographe tombée sur le champ de la guerre d’Espagne, en 1937.
Celle qui fut la compagne de Robert Capa mourut à la veille de ses 27 ans, à Brunete, en Espagne, en voulant immortaliser le combat des républicains espagnols contre les franquistes. "Gerda, elle, avait fini par faire corps avec la cause des républicains espagnols au point que photo et combat s'étaient confondus."
En miroir de ce très beau livre consacré à Gerda Taro, François Maspero lui consacre un chapitre dans le Vol de la mésange, intitulé "Gerda". Dans ce chapitre, il insiste sur la célèbre photo de Robert Capa, représentant un soldat républicain espagnol fauché en plein élan. Certains prétendent qu’il s’agit d’une mise en scène. Maspero rétorque qu’elle a été prise en contre-plongée, le photographe étant lui-même à ras de terre : "c’est la position que l’on prend instinctivement quand on vous tire dessus et qu’on veut sauver sa peau". On connaît la phrase de Capa, inaugurant les grandes heures du photo-journalisme : "Si votre photo n'est pas bonne, c'est que vous n'étiez pas assez près".
Femme dans l'ombre du photographe, Gerda a pourtant été une actrice essentielle de l'oeuvre de son compagnon. La confusion tient à l'attribution du pseudonyme. Car à leurs débuts, le pseudonyme de "Robert Capa" était attribué sans distinction aux oeuvres du couple, Endre Friedmann et Gerta Pohorylle. Ce n'est que durant la guerre d'Espagne qu'Endre a gardé le nom de "Capa" pour lui seul, Gerta commençant à signer "Gerda Taro". Et aujourd'hui encore, rappelle Maspero, beaucoup de clichés d'Espagne qu'on attribue à Capa sont de Gerda Taro.
Dans les romans de Maspero, Gerda s’incarne dans le personnage de Mary, photographe internationaliste épousant la cause des révolutionnaires latino-américains, et dont Manuel, son ancien compagnon, portera la mort comme une faille éternelle, avec la "honte d’avoir vieilli alors que les morts, eux resteront toujours jeunes".