Sonnuevo est un blog dédié aux musiques rock, électriques et métisses.
31 Mars 2007

Comme la plupart des garçons que je connais, le jeune discothécaire de la médiathèque de ma ville (quelle paraphrase pour ne pas citer son nom... ;) ) m'a dit un jour, en voyant la pochette de son dernier album, qu'il était amoureux de Susheela Raman. Et je le comprends.
Incroyablement belle, elle a surtout, comme Soledad Bravo ou Susana Baca, une grâce quasi-divine lorsqu'elle interprète ses chansons. Une silhouette d'or émanant de la pénombre de la scène. Ce qui m'a bleuffé lors du concert au Bataclan, c'est sa technique vocale. Sans pousser sa voix, au contraire, dans un souffle, les notes semblaient danser dans une gamme étendue et légère. En accord parfait avec les instruments, clarinette et flûtes sussurant des mélopées indiennes langoureuses, mythiques, secrètes, incroyablement perceptibles dans l'intimité de la salle.
Le guitariste aussi était génial. Avec une simple guitare acoustique, il parvenait à égrainer des notes tour à tour rock, indiennes, africaines... La base rythmique reposait quant à elle sur les percussions, avec deux percussionistes, l'un indien, l'autre africain, se répondant dans un dialogue qui semblait ne jamais devoir finir, comme les mille et une nuits. En fin de concert, Susheela a invité sur scène un ami à elle, batteur féru de drun'n'bass, mais en fait les percus suffisaient aisément à la magie du moment. Et le public de répéter, les yeux mi-clos, « trust in me, just in me, close your eyes... »