Sonnuevo est un blog dédié aux musiques rock, électriques et métisses.
16 Avril 2007

L'Orchestra Baobab, groupe mythique de l'indépendance du Sénégal, est de retour après plus de quinze ans de séparation. Ambiance !
Dans les années 1960, les musiques cubaines reçoivent un accueil chaleureux en Afrique occidentale francophone. Les dirigeants de ces pays nouvellement indépendants, se réclamant (à des degrés très divers) du socialisme, voient plutôt d'un bon oeil ce rapprochement musical avec Cuba. De nombreux groupes locaux teintent ainsi leurs chansons des rythmes de la Havane. C'est le cas de l'Orchestra Baobab. Promu à l'origine groupe officiel des soirées du président Senghor, le Baobab devient vite l'un des groupes les plus adulés par le public sénagalais.
Depuis 1985, le groupe s'était séparé et on ne pensait pas revoir ses musiciens joués ensemble de nouveau. C'était sans compter sur l'acharnement du label World Circuit, d'un certain Youssou N'Dour et de l'un des chanteurs historiques du Baobab, Balla Sidibé. Voilà donc l'Orchestra Baobab de retour avec un « Spécialist in all styles » plus qu'enthousiasmant. Alors oui, le succès du Buena Vista Social Club y est pour beaucoup dans cette confiance (un peu soudaine ?) accordée par les acteurs économiques de la scène musicale d'aujourd'hui. Mais le talent et le brio des musiciens sont intacts, donnant une claque incroyable aux ambianceurs de pacotille des discothèques actuelles.
On retrouve ainsi les titres phares du groupe : Bul ma miin et son hypnotique refrain porté par quelques notes de guitare électrique et de saxophone ; Jiin ma Jiin ma et sa rythmique qui oscille entre salsa et reggae. Interprétés en wolof, français et espagnol, les textes croisent les thèmes de fraternité, respect et sincérité.
Et comme aux grandes heures du groupe, l'Orchestra Baobab mêle harmonies vocales africaines et son afro-cubain. Cette rencontre entre le Sénégal et Cuba se concrétise le temps d'un hommage à « Tonton » Ibrahim Ferrer, où l'on retrouve le maestro cubain en guest pour un morceau d'une langueur captivante. Suit un classique du répétertoire cubain, El son te llama (le son t'appelle) de José Marquetti, véritable invitation à la danse.