Sonnuevo est un blog dédié aux musiques rock, électriques et métisses.
20 Avril 2007

Les réactionnaires de tout poil n'ont cas bien se tenir! Mercredi soir, la révolution n'était pas orange, elle était rouge et noire. Entre punk et reggae conscious, Fermin Muguruza et Cellule X ont réveillé la petite salle du New Morning. Chant down babylon !
Ayant grandi dans le giron du Folklore de la Zone Mondiale et des Béruriers noirs, Cellule X a assuré la première partie de Fermin avec maestria. Sur scène, six petits agités masqués (un djay, deux guitaristes, deux Mcs et une choriste), trublions venus défier Babylon, armés de leur seule hargne où se mêlent électro, rock et hip-hop. De l'agitation, certes, mais une incroyable maîtrise des mots, venant ponctués les images défilant sur des écrans à côté de la scène. Une dénonciation sans faille des discours impérialistes de G. W. Bush ou de la vision cauchemardesque du Sarkoland. Tous les titres sont en écoute ici.
Courte Pause. Et puis Fermin est arrivé avec son nouveau groupe, l'afro-basque fire brigade (voir la news parue sur Sonnuevo). Le New Morning est la première date de la tournée et le nouveau collectif a encore besoin de se roder sur les premiers titres. Mais il ne tarde pas à monter en puissance. Cette tournée est annoncée comme étant la dernière grosse tournée officielle de Fermin, alors cela explique surement la qualité de la setlist proposée ce soir. Voilà qu'en un seul souffle il ascène Urrun, NewRoz, le tout matiné de reggae d'une pureté fabuleuse. Puis qu'il enchaîne par un medley impromptu entre Live it up your self de Bob Marley et Blood and Fire de la Mano Negra. Sorkun et Stephanie Wallace aux choeurs avaient la lourde tâche de remplacer Gambit... Fermin réussit le cross-over parfait : le métissage de Radio Bemba, avec en plus la présence féminine.
Fermin laisse aussi une place importante aux jeunes, à l'image de l'incroyable bassiste cubain Victor Navarrete qui était tout sourire, au devant de la scène (chose inédite pour un bassiste ou presque ;) ). Un Eliades Ochoa de la basse ! Les yeux mi-clos, sans jamais regarder le manche, les mains toujours en mouvement, parfois même en slap, il suivait la mélodie en toute décontraction, connaissant déjà toutes les subtilités des morceaux de Fermin. Ah, l'école cubaine n'a rien à envier à celle du rock alternatif. Il suffit de voir, sur le DVD de "Babylonia en Guagua", Gambit reprendre à l'ordre le jeune Bidji qui s'en foutait de l'heure de la balance avant le concert. Sur scène, tout parrait simple et improvisé. Mais derrière, ce sont en fait des heures et des heures de boulot. Et une sacrée énergie !
En rappel, le groupe a repris l'intemporel refrain « No no no, you don't love me and I know now » sur un langoureux rythme de reggae, mêlés aux tonitruants morceaux ska-punk de Kortatu. Les deux batteurs donnaient la cadence dans des progressions rythmiques hallucinantes, à 200km/h. Et les cuivres au total look redskins, un peu étriqués au fond à gauche de la scène, assuraient la chorégraphie. Le public a lancé un pogo, serti de drapeaux basques... Dans l'intimité du New Morning, on ne savait plus où s'arrêtait la scène et où commençait la fosse. Tout était sans dessus dessous. De quoi augurer du meilleur quand Fermin et sa brigade afro-basque de feu voudront déchaîner les stades !