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Sonnuevo

Sonnuevo est un blog dédié aux musiques rock, électriques et métisses.

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Eliades Ochoa, centre culturel Paul Baillart (Massy), mai 2007

 

Sur les affiches du concert, Eliades Ochoa est présenté comme une légende, une encyclopédie de la musique cubaine... Cette réputation n'est pas usurpée. Eliades a fait montre, une fois encore, de son talent.



A Sonnuevo, on le surnomme « El sonero maximo ». Eliades Ochoa, c'est la classe absolue. Mais aussi un fort tempérament et un esprit revanchard. Même s'il a toujours le sourire et le mot pour rire, Eliades ne plaisante pas avec la musique, et encore moins avec la qualité de jeu de ses musiciens qui doivent tout donner sur scène. A l'Elysée Montmartre, en 2000, il intimait l'ordre à son fils, alors second guitariste, de danser un peu plus, lui assenant en aparté un « baila ! » furibond. En 2002, au théâtre des Champs-Elysées, c'était la leçon. Eliades venait de sortir son album manifeste « Estoy como nunca » et déclarait ne pas être là pour satisfaire le marché du disque, mais bien pour jouer du 'son' cubano, du vrai. L'heure était au classicisme absolu. Une pureté et une mise en place rythmique parfaite, au quart de seconde près, sans le moindre soupçon d'hésitation.


Ce soir, à Massy, Eliades n'avait plus rien à prouver ; plus détendu et rigolard que jamais, il lui suffisait de savourer ce moment de retrouvailles avec un public fidèle et enthousiaste. Comme au Théâtre des Champs-Elysées, Eliades a débuté d'entrée de jeu par un classique, El Cuarto de Tula. Les musiciens, tirés à quatre épingles dans leur costume noir et blanc et leurs chaussures en cuir marron, sont entrés en premier. Le choriste et second guitariste a donné la mesure d'un claquement de doigts, puis les musiciens ont envoyé la sauce. Une salsa piquante, forte d'une basse électrique à six cordes et d'un clavier, qui sonnait comme aux grandes heures de la Fania All Stars ou de Tito Puente. Eliades est entré en scène, chapeau de cow-boy sur la tête et guitare guajira dans les mains. Tiens, des lunettes aussi. Mais ceux qui pensaient, l'espace d'un instant, qu'Eliades avait vieilli se sont bien vite repris. Sa voix au coffre profond est intacte, et son jeu de guitare toujours aussi véloce.


Passé un bref quart d'heure de boléro « rrrromantico », le groupe a enchaîné les classiques de manière très dansante, davantage salsa même si le répertoire était entièrement dévoué au son. El Carretero et Ay Candela étaient pimentés par des interjections et des cris mi-campesino mi-boogaloo qui venaient ponctuer les phrasés. Pintate los labios Maria, porté par des cuivres mexicanos moins techniques qu'au théâtre des Champs-Elysées, mais plus joyeux : deux jeunes aux cheveux longs (qu'on aurait cru sortis d'un concert de Sepultura) rivalisant de pas de danse plus originaux les uns que les autres – au rayon « chorégraphie de la section de cuivres », ils ont battu tout le monde ! Seul Chan Chan fut très sobrement interprété, en hommage au grand Compay Segundo, par un Eliades débordant d'émotion.


Pas fatigué pour un sou, Eliades est revenu pour trois rappels phénoménaux, offrant un hypnotique Yiri Yiri Bon (le morceau-phare de Benny Moré), puis un Ven a bailar el son qui se passe allègrement de commentaire : tout est dans le titre. Eliades a remercié la « familia grande » une dernière fois d'un petit geste de la main, avant de sortir de scène. En réponse, dans le public, on pouvait entendre des « Cuba si, yankee no ! » complices...

 

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