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Sonnuevo

Sonnuevo est un blog dédié aux musiques rock, électriques et métisses.

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Cachaito Lopez, Festival Les Nuits du Sud (Vence), août 2001

 

 

C'est sur la scène du festival Les Nuits du Sud, à Vence (06), que je « découvrais » Orlando « Cachaito » Lopez, le célèbre contre-bassiste du Buena Vista Social Club, très certainement le musicien le plus déjanté de la bande du Buena Vista. Un des concert les plus décapants – mais aussi un des plus difficiles – auquel j'ai assisté.


Je connaissais certes déjà le nom de Cachaito Lopez, neveu du célèbre compositeur cubain Israel « Cachao » Lopez qui fut l'un des pères fondateurs du mambo. J'avais également écouté des extraits de son album solo et notamment le magnifique Wahira, rumba allanguie hypnotiquement interprété par Ibrahim Ferrer. Mais de Cachaito, je ne connaissais pas la folie douce qui l'anime. Comment ce fringant « papy » de la musique cubaine peut-il être plus psychédélique que la moyenne des jeunes musiciens actuels ? Tout simplement en ayant gardé son âme de 20 ans et en ayant su s'entourer de vrais freaks de la musique.


En première partie, c'était également une chance incroyable de découvrir la jeune chanteuse sénégalo-parisienne Fania. J'avais justement lu deux jours auparavant, dans un article de Coda, qu'elle avait assuré la première partie de Tony Allen, à Paris, au Cabaret Sauvage. Sur scène, sa musique oscille entre afro-beat, funk et reggae. C'est vraiment dommage que, faute de planning mal organisé pour la soirée, son concert ait été si court.


Le public, lui, commençait déjà à danser avant l'arrivée de Cachaito. Le maestro monte seul sur scène, pour attaquer par un solo de contre-basse, avant d'être rejoint par ses musiciens : des cuivres et percussionnistes cubains; un flutiste au look afro échappé de Woodstock et hurlant parfois à la mort; un guitariste latino cousin d'Ennio Morricone; un clavier rasta jamaïcain qui nous lachait des « ya man, si segnor ! » à tout va; et djay Dee Nasty, tout droit sorti des studios de Radio Nova. Dee Nasty qui participait également à l'album de Cachaito.


Sous la coupe de Cachaito, qui a eu l'occasion de jammer avec les plus grands comme Stan Getz, la vieille musique cubaine se retrouvait malmenée entre des solos free-jazz hallucinés et des breakbeats relayés par des effets de distorsion proches du dub. Un concert latin-jazz sous-acide! Les jam-sessions du jazz et les mixes des sound systems rejoignaient une autre tradition d'improvision, celle de la descarga cubaine. Et Cachaito n'était pas le dernier à malmener son instrument pour improviser autour d'un tumbao (figure rythmique jouée à la contre-basse) et répondre au défi lancer par ses compadres musiciens : une vrai joute musicale! La technique de Cachaito ? Taper sur l'instrument pour en extirper le meilleur; mais pas trop quand même pour ne pas le casser... car ça coûte cher. Les punks apprécieront...


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